Vincent Yerly : « The Revenant » qui fait briller le MMA suisse sur la scène ARES
De la rupture d’anévrisme au titre mondial amateur, portrait d’un combattant hors norme qui fait ses débuts professionnels à l’ARES FC
Dans le monde du MMA, certaines histoires dépassent largement le cadre sportif. Celle de Vincent Yerly, 23 ans, en fait partie. Ce Fribourgeois originaire de Berlens s’apprête à franchir un cap décisif dans sa carrière en faisant ses débuts professionnels à l’ARES Fighting Championship, l’une des organisations majeures de MMA en Europe. Mais derrière ce passage chez les pros se cache le parcours d’un homme qui a littéralement vaincu la mort avant de conquérir le monde.
Le surnom qui dit tout : « The Revenant »
Si Vincent Yerly a choisi le surnom de « The Revenant » (Le Revenant), ce n’est pas par hasard. En juin 2023, alors qu’il n’a que 21 ans et que sa carrière commence à décoller, le destin lui assène un coup terrible : une rupture d’anévrisme. Un accident vasculaire qui, dans la majorité des cas, s’avère fatal ou laisse des séquelles invalidantes permanentes.
Le jeune homme a survécu à une rupture d’anévrisme, un accident potentiellement fatal. Deux ans et demi plus tard, non seulement il est revenu, mais il domine le circuit amateur mondial. Une résilience hors norme qui force le respect de toute la communauté MMA.
Des racines dans la lutte suisse
L’histoire de Vincent Yerly commence bien avant le MMA, dans les traditions sportives helvétiques. Toute sa famille, mis à part sa mère, sont dans les sports de combat. Son père était un lutteur de haut niveau en lutte suisse et en lutte libre, une discipline profondément ancrée dans la culture fribourgeoise.
Quand il avait 4-5 ans, son grand frère lui a offert ses premiers gants et avait construit une salle à la ferme avec tous les champions du MMA. À 7-8 ans, après avoir vu son premier combat de MMA, le jeune Vincent savait déjà que c’était le sport qu’il voulait pratiquer. Mais son père lui impose d’abord de faire ses preuves en lutte suisse.
Pendant dix ans, Vincent Yerly foule les arènes de lutte, cette discipline spectaculaire où les athlètes s’affrontent en culotte traditionnelle. Une école de vie qui lui forge un socle technique solide. « La lutte suisse m’a donné quelques bases en lutte dans le MMA. J’ai dû réadapter certaines positions. Mais c’est clair qu’il y a des réflexes qui existent déjà depuis un bon bout de temps », expliquera-t-il plus tard.
Ce bagage technique issu de la lutte traditionnelle devient sa marque de fabrique : un style basé sur la pression constante, le contrôle au sol et l’épuisement de l’adversaire. Une approche terrien, efficace, qui colle parfaitement à sa personnalité de combattant.
L’ascension fulgurante en amateur
En rejoignant la Fight Move Academy (FMA) de Neuchâtel, dirigée par Nelson Carvalho, Vincent Yerly trouve l’environnement idéal pour développer son potentiel. L’académie, réputée pour la qualité de son encadrement, devient le tremplin de sa carrière.
Champion d’Europe : la première marche
En février 2025, à Belgrade en Serbie, Vincent Yerly entre dans l’histoire du MMA suisse. Le Fribourgeois a remporté l’or aux championnats d’Europe dans la catégorie des moins de 93 kilos, devenant le premier Suisse à décrocher ce titre continental organisé par l’IMMAF (International Mixed Martial Arts Federation).
En finale, il affronte et bat le champion du monde en titre ukrainien Bohdan Cherepana, une performance qui le propulse sur le devant de la scène européenne. « Fier, hyper heureux d’avoir accompli cet exploit », déclare-t-il après sa victoire, tout en annonçant déjà son objectif suivant : le titre mondial.
Champion du monde : l’apothéose
Huit mois plus tard, en octobre 2025 à Tbilissi en Géorgie, Vincent Yerly tient sa promesse. Il a arraché la ceinture planétaire de l’International Mixed Martial Arts Federation (IMMAF), la fédération qui œuvre pour la reconnaissance du MMA amateur comme discipline olympique.
Le parcours jusqu’à la finale est une démonstration de force : victoire par KO technique contre l’Anglais Edvainer Injai en 2 minutes et 25 secondes, soumission du Tchèque Jiri Havel en 2 minutes 28, puis victoire par décision unanime contre Harvey Moore, l’Anglais qui l’avait controversément éliminé un an plus tôt en demi-finale. Une revanche parfaite.
En finale, face au Polonais Lukasz Makowski, le Fribourgeois ne laisse aucun doute : victoire unanime des juges, 90-80. « Ce que ce titre représente? C’est encore difficile à dire… Ce qui est sûr, c’est que je n’avais jamais connu de joie équivalente », confie-t-il, ému.
À seulement 22 ans, Vincent Yerly devient le premier Suisse champion du monde amateur de MMA. Un exploit qui marque l’histoire du sport helvétique.
La préparation d’un champion
Derrière ces titres se cache un travail acharné. Entre Fribourg, Neuchâtel, Paris et Strasbourg, le Fribourgeois s’est entraîné avec certains des meilleurs combattants européens, dont Volkan Oezdemir, Nassourdine Imavov et Baki. Des noms prestigieux qui évoluent dans les plus grandes organisations mondiales comme l’UFC et le PFL.
« Pour moi, c’est la récompense pour tout ce que j’ai donné cette année. Je n’ai jamais eu une préparation aussi dure », reconnaît-il après son sacre mondial. La gestion du poids, aspect crucial pour les combattants de haut niveau, reste l’un des défis les plus ardus de sa préparation.
Le style de combat : puissance et intelligence
Sur le ring, Vincent Yerly se distingue par un style équilibré et complet. Formé à la lutte, il excelle dans les phases de corps-à-corps et au sol, où il peut imposer sa puissance et sa technique. Un athlète formé à la dure école de la lutte suisse. Un socle solide, terrien, qui colle à sa manière de combattre : avancer, imposer, épuiser.
Mais le Fribourgeois ne se limite pas à sa base de lutteur. « Ce que j’aime, c’est apprendre dans tous les domaines. Il y a une vraie liberté dans la progression », explique-t-il. Sa capacité à finir ses adversaires, que ce soit par KO technique ou par soumission, témoigne d’un arsenal offensif varié et dangereux.
Le passage chez les professionnels avec ARES FC
Après avoir tout gagné en amateur – champion d’Europe et champion du monde la même année –, Vincent Yerly est prêt pour le grand saut. « J’ai fait ce que j’avais à faire en amateur. Maintenant, je me concentre sur le passage chez les pros », affirme-t-il avec détermination.
L’ARES Fighting Championship, organisation française de premier plan, lui offre la plateforme idéale pour faire ses débuts professionnels. Le 30 janvier 2026, lors de l’ARES FC 38 à Paris, Vincent Yerly affronte le Français Mathieu Abbe dans la catégorie des 185 livres (84 kg). Un combat diffusé en direct sur Canal+ (C+SPORT360), qui marque officiellement le début de sa carrière professionnelle.
Là où les coups font mal, où la cage ne pardonne rien, et où les promesses ne valent rien sans victoire. Vincent Yerly le sait : le monde professionnel est impitoyable. Mais après avoir survécu à un anévrisme et conquis le titre mondial amateur, le Fribourgeois a déjà prouvé qu’il savait se relever de l’impossible.
Un modèle pour le MMA suisse
Au-delà de ses performances sportives, Vincent Yerly incarne des valeurs qui résonnent bien au-delà du octogone. Vincent Yerly incarne des valeurs qui dépassent le sport : discipline, résilience et vision.
Son parcours inspire toute une génération de jeunes combattants suisses. Il serre la main à l’adversaire au début et à la fin du combat, montrant son respect. Une attitude qui reflète les valeurs de la lutte suisse dont il est issu : le respect, le fair-play et l’humilité.
Défenseur de son sport, souvent mal compris du grand public, Vincent Yerly prend le temps d’expliquer : « C’est un sport dur, oui, mais pas plus dangereux que d’autres. En boxe anglaise, les coups à la tête sont plus nombreux. En MMA, il y a la lutte et le sol, donc moins de chocs répétés ».
Dans les pas de Volkan Özdemir
Vincent Yerly ne cache pas son ambition : suivre les traces de Volkan Özdemir, autre lutteur fribourgeois devenu star de l’UFC. Özdemir, qui a combattu pour le titre mondial des poids lourds-légers, reste une source d’inspiration constante.
Les similitudes entre les deux hommes sont frappantes : tous deux issus de la lutte, tous deux Fribourgeois, tous deux dotés d’une mentalité de guerrier. Avec son palmarès amateur exceptionnel et sa détermination à toute épreuve, Vincent Yerly possède tous les atouts pour emprunter le même chemin vers les sommets du MMA mondial.
Les défis à venir
L’aventure professionnelle qui commence pour Vincent Yerly s’annonce passionnante mais exigeante. Le MMA suisse cherche un nouveau visage à suivre, il se pourrait bien qu’il l’ait déjà trouvé.
Plusieurs organisations internationales majeures suivent de près sa progression. L’UFC, Bellator, le PFL ou encore ONE Championship pourraient rapidement s’intéresser à ce talent helvétique au palmarès déjà impressionnant.
Mais Vincent Yerly avance étape par étape, combat après combat. Son premier objectif est clair : briller à l’ARES FC et enchaîner les victoires pour se faire un nom sur le circuit professionnel européen.
L’héritage familial
On ne peut raconter l’histoire de Vincent Yerly sans évoquer son environnement familial. Issu d’une famille profondément ancrée dans les sports de combat, le jeune homme perpétue une tradition tout en traçant sa propre voie.
Son père, grand lutteur suisse, lui a transmis bien plus que des techniques : une philosophie de vie basée sur le travail, la persévérance et le respect. « Je ne pense pas que j’aurais le niveau actuel si mon père ne m’avait pas donné l’opportunité de faire la lutte suisse très jeune », reconnaît Vincent avec humilité.
Cette transmission générationnelle, caractéristique des sports traditionnels suisses, trouve une nouvelle expression dans le MMA moderne. Vincent Yerly devient ainsi le pont entre deux mondes : la lutte ancestrale helvétique et le MMA contemporain.
La Fight Move Academy : un écosystème gagnant
Le succès de Vincent Yerly n’est pas isolé. Il s’inscrit dans la dynamique d’une académie qui excelle au plus haut niveau. Son coéquipier Adrian Aliu a également décroché le bronze aux championnats d’Europe, tandis que leur coach Nelson Carvalho a reçu la prestigieuse distinction « Black Belt » de l’IMMAF pour sa contribution au rayonnement du sport.
Cet écosystème favorable, combinant expertise technique, préparation physique de pointe et soutien mental, s’avère crucial pour développer des champions du calibre de Vincent Yerly.
Perspectives : vers les sommets mondiaux ?
Avec un palmarès amateur comprenant les titres européen et mondial, Vincent Yerly dispose d’une rampe de lancement idéale pour sa carrière professionnelle. Son style complet, sa mentalité de fer et son histoire inspirante en font un combattant marketable, susceptible d’attirer rapidement l’attention des grandes organisations.
Le combat du 30 janvier 2026 à l’ARES FC 38 marque le début d’une nouvelle ère. Si « The Revenant » parvient à reproduire chez les pros ses performances amateur, le MMA mondial pourrait bientôt compter un nouveau champion suisse dans ses rangs.
Conclusion : plus qu’un combattant, un symbole
Vincent Yerly représente bien plus qu’un simple athlète talentueux. Son parcours – de la lutte suisse au MMA, de la rupture d’anévrisme au titre mondial, de l’amateur au professionnel – incarne la résilience, la détermination et la capacité à se réinventer.
« The Revenant ». Celui qui revient d’entre les morts. Celui qui refuse de disparaître. Ce surnom résume parfaitement l’essence de Vincent Yerly : un combattant qui ne renonce jamais, qui transforme chaque obstacle en motivation, et qui prouve que les plus belles victoires sont celles remportées sur soi-même.
Alors que le monde du MMA a les yeux rivés sur les grandes stars de l’UFC ou du PFL, une nouvelle étoile est en train de naître dans les montagnes suisses. Et cette étoile porte le nom de Vincent Yerly. Son histoire ne fait que commencer, mais elle promet déjà d’être légendaire.
À suivre : Le combat de Vincent Yerly face à Mathieu Abbe à l’ARES FC 38, le 30 janvier 2026 à Paris, diffusé en direct sur Canal+ (C+SPORT360) à partir de 20h30.
Crédit photo : Fight Move Academy / ARES Fighting Championship
Statistiques Vincent Yerly (Amateur)
- Record amateur : 10-2-0
- Catégorie : -93 kg (Light Heavyweight)
- Palmarès : Champion du monde IMMAF 2025, Champion d’Europe IMMAF 2025
- Club : Fight Move Academy (Neuchâtel)
- Surnom : « The Revenant »
- Origine : Berlens, Fribourg, Suisse





