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Ki MMA : ring à cordes, tournois mondiaux et jeunes prospects, tout savoir sur la nouvelle organisation qui veut bousculer le MMA

Le monde du MMA a un nouveau projet ambitieux à suivre de près. Scott Coker, ancien dirigeant du Strikeforce puis du Bellator, a officialisé ce lundi 15 septembre, lors d’une conférence de presse tenue à New York, le lancement de sa nouvelle organisation mondiale : Ki MMA. Un projet doté d’une enveloppe initiale de 60 millions de dollars, qui entend se démarquer radicalement des codes imposés par l’UFC pour séduire une nouvelle génération de combattants prometteurs.

Un nom chargé de symboles

Le nom Ki MMA (à prononcer « Key MMA ») n’a rien d’un hasard : il puise ses origines à la fois dans le K-1, célèbre organisation japonaise de kickboxing, et dans le concept japonais de « ki », cette énergie vitale chère aux pratiquants d’arts martiaux traditionnels. Un clin d’œil assumé aux racines historiques de la discipline, que Coker revendique vouloir remettre au centre de son nouveau projet.

Pour piloter les opérations sportives de cette nouvelle structure, l’entrepreneur américain s’est entouré de fidèles : Rich Chou, déjà matchmaker à ses côtés durant les grandes heures du Strikeforce et du Bellator, sera chargé des relations avec les athlètes, tandis que Peter Levin, figure du fonds Griffin Gaming Partners et ancien actionnaire du Strikeforce lors de son rachat par l’UFC en 2011, occupera le poste de co-fondateur et président du conseil d’administration.

Un tour de table impressionnant, entre sport, jeu vidéo et collection

Le financement initial de 60 millions de dollars ne provient pas d’un seul mécène, mais d’un large éventail d’investisseurs stratégiques issus de secteurs très variés : sport, médias, technologie, jeux vidéo et finance. Le tour de table est mené par le fonds Creator Sports Capital, avec la participation de Griffin Gaming Partners, du fabricant de cartes à collectionner Upper Deck, de Steve Kaplan (propriétaire du club de football D.C. United), de Swimmy Minami (Visional), de l’ancien vice-président de Fortress Investment Group Dean Dakolias, ainsi que d’une figure pour le moins inattendue dans l’univers du MMA : la légende du skateboard Tony Hawk.

Présent lors de l’événement de lancement officiel, où le logo et le concept du ring ont été dévoilés pour la première fois au public, Tony Hawk n’a pas caché son enthousiasme pour ce nouveau projet, se disant impatient de contribuer à la croissance de la ligue en tant qu’investisseur passionné de MMA. La présence d’Upper Deck dans le tour de table n’est d’ailleurs pas anodine : Scott Coker a lui-même évoqué son enthousiasme pour une collaboration créative autour des cartes à collectionner, un marché en plein essor qu’il compte bien exploiter pour construire la notoriété de ses futurs champions.

Fini la cage, place au ring

La rupture la plus visible avec les codes établis par l’UFC et ses nombreux imitateurs se situe dans l’espace de combat lui-même. Chez Ki MMA, exit la cage, qu’elle soit ronde ou octogonale, et ses grillages caractéristiques : les combattants s’affronteront dans un ring à cordes classique, de 24 pieds sur 24 (soit environ 7,3 mètres sur 7,3 mètres). Selon Scott Coker, ce choix esthétique et symbolique doit permettre d’améliorer la visibilité du combat pour les spectateurs, tout en renouant avec les racines les plus anciennes des arts martiaux mixtes, bien avant que la cage ne s’impose comme le standard incontesté de la discipline.

Qui est Scott Coker, l’homme derrière le projet ?

Né le 3 octobre 1962 à Séoul, en Corée du Sud, d’un père américain originaire du Tennessee, Scott Coker n’en est pas à son coup d’essai dans l’univers des sports de combat. Ancien pratiquant de taekwondo et cascadeur de cinéma, il fonde en 1985 le Strikeforce, qu’il fait grandir jusqu’à en faire l’un des grands rivaux historiques de l’UFC, avant de vendre la promotion à cette dernière en 2011. Retenu ensuite par contrat pendant trois années, il rejoint finalement le Bellator MMA en 2014 en tant que président, succédant à son fondateur Bjorn Rebney, avec pour mission explicite de dépasser le format axé sur les tournois qui caractérisait alors la ligue.

Après la revente de Bellator au PFL en 2024, Coker ne suit pas la nouvelle direction et démissionne de ses fonctions. Il lance alors un premier événement plus modeste, baptisé Fight Night at the Tech, aux côtés de l’ancien champion Gilbert Melendez, avant de dévoiler aujourd’hui ce projet bien plus ambitieux avec Ki MMA. Une nouvelle boucle qui le ramène, comme un clin d’œil à ses débuts, vers un format largement structuré autour des tournois — celui-là même qu’on lui avait demandé d’atténuer à son arrivée chez Bellator, plus d’une décennie auparavant.

Une philosophie de rémunération pensée comme une alternative

Interrogé sur les grandes lignes de son nouveau projet, Scott Coker a également insisté sur sa vision en matière de rémunération des athlètes, présentée comme une véritable réponse à la position dominante de l’UFC sur le marché. Le promoteur a rappelé qu’à l’époque du Strikeforce, 58 % des revenus générés étaient reversés directement dans les bourses des combattants — un niveau de partage des revenus qu’il ambitionne clairement de reproduire, voire de dépasser, avec Ki MMA.

Sa logique est limpide : selon lui, lorsqu’une seule organisation domine largement le marché, elle dispose d’un pouvoir quasi total pour dicter le niveau des rémunérations. En injectant davantage d’argent dans l’écosystème global du MMA, Coker espère redonner aux combattants un véritable choix quant à l’endroit où ils souhaitent évoluer, plutôt que de les enfermer dans un rapport de force déséquilibré face à un employeur unique. De nombreux détails restent toutefois encore à préciser sur le fonctionnement concret de ce système, Coker ayant lui-même reconnu, lors d’échanges avec la presse spécialisée, que plusieurs points structurants de son projet nécessitaient encore quelques semaines de travail avant d’être officiellement dévoilés.

Un immense tournoi mondial pour lancer la ligue

Le concept phare de cette première année d’activité repose sur l’organisation d’un Grand Prix international réunissant pas moins de 32 combattants, exclusivement chez les poids plumes (-66 kg / 145 lbs), répartis sur quatre continents différents.

Le format retenu prévoit d’abord des phases régionales à élimination directe, réunissant huit combattants chacune en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Asie et en Europe. Chaque zone désignera ainsi son propre « champion continental », qui accédera ensuite à une phase finale internationale. Ultime particularité du format : les finalistes continentaux devront s’affronter deux fois dans la même soirée pour déterminer le tout premier champion mondial de l’histoire de Ki MMA.

Pour cette compétition inaugurale, l’organisation a d’ores et déjà annoncé vouloir organiser des combats dans de nombreux pays, parmi lesquels les États-Unis, l’Irlande, la Hongrie, le Brésil, le Japon, la Corée du Sud, ainsi que l’Italie et la France.

Miser sur les jeunes talents plutôt que sur les stars établies

Autre différence stratégique majeure avec la plupart des organisations concurrentes : Ki MMA affiche clairement sa volonté de cibler des combattants émergents, avec un critère de sélection précis pour son tournoi Grand Prix, réservé aux athlètes totalisant dix combats professionnels ou moins. Une approche qui tranche avec la stratégie généralement privilégiée par les ligues rivales de l’UFC, davantage tournées vers le recrutement de noms déjà établis.

Le tournoi ne représentera cependant qu’une partie de l’activité annuelle de la ligue : selon les informations communiquées, seuls 30 % des combats organisés par Ki MMA en 2027 seront liés à cette compétition, les 70 % restants correspondant à des cartes classiques, où l’organisation entend également se montrer compétitive sur le marché des agents libres, sans exclure la possibilité de signer des noms plus expérimentés en dehors du format tournoi.

Un lancement prévu pour 2027

Les tout premiers événements de Ki MMA sont programmés pour le premier trimestre 2027. Si la ligue a d’ores et déjà dévoilé les grandes lignes de son concept, plusieurs zones d’ombre demeurent à ce stade : ni la liste des combattants engagés, ni les partenaires de diffusion, ni les soutiens financiers au-delà de l’enveloppe initiale de 60 millions de dollars n’ont pour l’instant été officiellement communiqués. Des précisions supplémentaires sont attendues dans les prochains mois, à mesure que l’organisation affine son calendrier et ses partenariats.

Ce qu’il faut retenir

Avec son retour au format ring, son approche résolument tournée vers les jeunes prospects plutôt que vers les stars déjà installées, et son ambition affichée de couvrir quatre continents dès sa première année d’existence, Ki MMA s’annonce comme l’un des projets les plus intrigants à surveiller dans le paysage du MMA mondial d’ici 2027. Reste désormais à voir si Scott Coker, fort de son expérience passée à la tête du Strikeforce et du Bellator, parviendra à transformer cette ambition en un véritable concurrent capable de se faire une place durable face à l’hégémonie de l’UFC.

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