C’est une nouvelle qui va faire de nombreux déçus du côté de la Seine-Saint-Denis. La ville d’Aubervilliers vient d’annoncer l’annulation de la diffusion publique du combat de son enfant du pays Salahdine Parnasse, qui doit disputer ses grands débuts à l’UFC Paris ce samedi 5 septembre 2026. En cause : l’absence d’autorisation de diffusion.
Un événement très attendu à l’Embarcadère
La municipalité prévoyait initialement de retransmettre le combat sur écran géant à l’Embarcadère, une salle municipale de la ville, afin de permettre aux habitants de vivre collectivement ce moment historique. Et pour cause : Salahdine Parnasse, né le 4 décembre 1997 à Aubervilliers même, y est considéré comme une véritable fierté locale, surnommé par certains observateurs le « Mbappé du MMA » en référence à son statut de super-prodige tricolore.
Après un parcours remarqué en Pologne sous la bannière du KSW, où il a notamment été champion des poids légers, Parnasse s’apprête à faire ses grands débuts sous la plus prestigieuse bannière du MMA mondial, directement en tête d’affiche de l’UFC Paris, face au Néo-Zélandais Dan Hooker. Un rendez-vous exceptionnel que toute la ville s’était mobilisée pour célébrer collectivement.
Le nouveau monopole de RMC Sport en cause
Mais l’événement ne pourra finalement pas être retransmis publiquement. La raison tient à un changement majeur intervenu dans le paysage audiovisuel du MMA français : pour la toute première fois de l’histoire de la compétition, RMC Sport a obtenu les droits exclusifs de diffusion de l’UFC pour la France, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse francophone.
Une exclusivité qui change profondément la donne pour les collectivités locales : désormais, toute diffusion publique et gratuite d’un événement UFC nécessite d’obtenir au préalable une autorisation spécifique auprès du diffuseur détenteur des droits. Une démarche qu’Aubervilliers n’a visiblement pas pu mener à bien à temps.
La déception de la municipalité
Dans un communiqué diffusé ce mercredi 2 septembre, la ville d’Aubervilliers a confirmé l’annulation, tout en exprimant clairement ses regrets : « L’autorisation nécessaire à sa projection n’a pas été accordée », explique la municipalité, avant d’ajouter : « Nous mesurons pleinement la déception qu’elle représente pour les habitantes et habitants, et notamment pour les jeunes du territoire. »
Une déception d’autant plus vive que l’occasion était rare : voir l’un des siens combattre pour la première fois sous les couleurs de l’UFC, dans sa propre région, représentait un moment de fierté collective difficilement reproductible à court terme.
Une problématique qui dépasse le seul cas d’Aubervilliers
Cette situation illustre une tension nouvelle entre la logique commerciale des droits de diffusion exclusifs, de plus en plus valorisés par les diffuseurs, et la volonté des collectivités locales de proposer des retransmissions gratuites et fédératrices à leurs administrés. Un phénomène déjà bien connu dans le monde du football, où de nombreuses fan zones municipales ont par le passé rencontré des difficultés similaires face aux ayants droit des grandes compétitions, mais qui touche pour la première fois aussi directement le monde du MMA en France, à la faveur de la montée en puissance de la discipline dans l’Hexagone.
Ce qu’il faut retenir
Si les habitants d’Aubervilliers ne pourront donc pas suivre ensemble, sur écran géant, les grands débuts de Salahdine Parnasse à l’UFC, rien ne les empêche évidemment de suivre l’événement chacun de leur côté via un abonnement RMC Sport, seul diffuseur habilité à retransmettre la soirée du 5 septembre. Une chose est sûre : la pression sera grande sur les épaules du prodige originaire de la ville, qui portera sans le savoir les espoirs de tout un quartier resté sur le pas de la porte.






