Dans le MMA professionnel, une étape presque aussi redoutée que le combat lui-même est celle de la coupe de poids — communément appelée weight cutting. Il s’agit d’une pratique destinée à amener un combattant à atteindre le poids réglementaire de sa division quelques heures avant la pesée officielle. Pour y parvenir, la plupart des athlètes font subir à leur corps une perte de poids rapide et agressive, essentiellement par déshydratation. Cette méthode vise à permettre ensuite une reprise de poids significative avant l’entrée dans l’octogone, afin de conserver un avantage physique sur l’adversaire.
Cette quête de quelques kilos peut sembler anodine pour le grand public, mais elle constitue en réalité un stress physiologique extrême. Certains combattants peuvent perdre jusqu’à 10 % de leur masse corporelle en eau dans les 24 à 48 heures précédant la pesée, ce qui diminue non seulement l’endurance et la force, mais altère également les fonctions cognitives et la capacité de réaction.
Des cas récents qui illustrent les dangers du weight cutting
Même au plus haut niveau de l’UFC, les conséquences physiques du weight cut ne sont pas à prendre à la légère. Une des révélations les plus marquantes en 2025 a été celle du combattant Brian Ortega, qui a expliqué qu’il était tombé inconscient pendant environ 30 minutes lors de sa préparation à un combat en raison d’une perte de poids excessive. Cette expérience dramatique l’a poussé à reconsidérer les limites qu’il impose à son corps pour faire la limite d’une catégorie.
Un autre exemple récent concerne Ariane da Silva, qui a complètement raté la cible de poids pour son affrontement à l’UFC 316, dépassant la limite de plusieurs kilos. Selon son entourage, cela serait lié à des complications médicales et à des conseils nutritionnels mal adaptés, ce qui a entraîné des symptômes alarmants tels que une mauvaise coordination et une vision double avant même la pesée.
L’UFC elle-même a vu des athlètes souffrir de symptômes graves liés au weight cutting, avec certains fighters finissant à l’hôpital ou incapables de combattre après des tentatives extrêmes de perte de poids. Parmi les cas médiatisés figurent également des combattants ayant souffert de déshydratation sévère, de baisse de tension importante, voire de crises rénales lorsque le corps est poussé au maximum pour atteindre un seuil de poids.
Les risques physiologiques d’une perte de poids rapide
Les effets secondaires du weight cut dépassent la simple sensation de fatigue. La déshydratation, principale méthode utilisée pour perdre rapidement des kilos, perturbe l’équilibre des fluides dans le corps. Lorsque l’organisme manque d’eau, la tension artérielle peut chuter, le rythme cardiaque peut s’accélérer de manière dangereuse, et le cerveau, privé d’une hydratation optimale, devient plus vulnérable en cas de choc ou de coup reçu lors du combat.
À long terme, répéter ces pertes et reprises répétitives de poids peut aussi nuire à la santé globale d’un combattant. Des problèmes rénaux, des troubles métaboliques ou encore des altérations durables de la composition musculaire sont autant de conséquences possibles d’une gestion du poids trop agressive.
Des débats et des pistes d’évolution réglementaire
Face à ces risques bien documentés, la communauté du MMA, y compris des médecins du sport, des entraîneurs et des anciens combattants, plaide depuis plusieurs années pour une réforme du système de pesée. Des discussions portent notamment sur l’idée de modifier le moment de la pesée, d’ajouter des contrôles d’hydratation ou de créer davantage de catégories de poids afin de réduire l’écart entre le poids naturel et le poids de compétition.
Certains observers estiment aussi que des règles plus strictes sur la surveillance médicale avant, pendant et après la perte de poids seraient bénéfiques pour la sécurité des combattants. D’autres évoquent la nécessité d’une pesée plus proche du combat afin de dissuader les coupes de poids extrêmes, même si un tel changement bouleverserait profondément l’organisation actuelle des événements.
Lee weight cut de Mackenzie Dern
La combattante de l’UFC Mackenzie Dern a également levé le voile sur la manière très encadrée dont elle a géré sa dernière perte de poids, apportant un éclairage intéressant sur une approche plus maîtrisée du weight cutting. La veille de la pesée, elle est passée de 125,8 livres à 118 livres en l’espace d’environ une heure, avant de finaliser le reste de l’ajustement le jour même, juste avant de monter sur la balance. Le jour du combat, Dern affichait déjà 128 livres sur la balance, preuve d’une récupération rapide et efficace. Selon ses propres mots, elle s’est sentie en pleine forme, sans sensation de fatigue extrême ni de stress inhabituel, soulignant que la coupe de poids s’est déroulée de manière fluide. Un détail plus personnel a également marqué cette préparation : pour la première fois, sa fille Moa était présente et comprenait ce qui se passait. Cette présence a eu un effet positif sur son état d’esprit, apportant une atmosphère plus détendue et émotionnellement stable, ce qui, selon Dern, a clairement contribué à rendre cette phase pourtant éprouvante beaucoup plus supportable.





